La touriste à l’envers… étonnant, non ?

La touriste à l’envers… étonnant, non ?

25 août 2016

Je fais la touriste à l’envers.

Les rêveries d’une promeneuse solitaire

 

Normal ! Quand on habite à quelques kilomètres de Saint-Jean-de-Monts, pourquoi venir se perdre dans le flot des vacanciers de juillet et août, même si cela a un côté très agréable et donne l’impression de prolonger ses propres vacances.

 

En fait, je préfère m’y promener avant et après, et jouir du plaisir de profiter d’une plage rendue à sa sérénité. Oui, oui, vous avez le droit de dire que je suis égoïste. C’est bon d’être égoïste parfois 😉

 

Regardez ce fauteuil, face à l’océan. Ses formes arrondies n’attendent que les miennes (encore plus arrondies !). En saison estivale, il faut certainement être patient pour pouvoir en profiter. En dehors de cette période, il s’offre en toute quiétude au passant solitaire. Il suffit de s’allonger et d’admirer. Le panorama se suffit à lui-même et incite à la rêverie. Qu’il fasse beau ou gris, un temps calme ou venté, la mer est toujours belle. Je ne m’en lasse pas. Regarder les enfants jouer sur la plage, les pêcheurs sur la jetée, les quelques promeneurs à pied, vélo ou skate sur le remblai, le spectacle est permanent.

 

Il s’en est promené du monde sur ce remblai, sur cette plage. Des gens connus, inconnus. Des personnes comme vous et moi, d’autres plus illustres. Mon rêve aurait été de croiser Pierre Desproges. Pourquoi cet artiste-là ? Étonnant non ? Pas tant que ça, vu qu’il possédait une maison de vacances à Saint-Gilles-Croix-de-Vie et que la famille de son épouse était de Challans. Vous me direz, si je l’avais croisé, je ne l’aurais certainement pas arrêté avec cette phrase toute bête : Salut Pierre, comment tu vas ? On va se prendre un p’tit blanc à la terrasse du casino ? Et pourtant, comme j’aurais aimé qu’il me joue la minute de Monsieur Cyclopède et même encore mieux, me déclame un vibrant plaidoyer façon le Tribunal des Flagrants Délires pendant que je l’écoutais religieusement en sirotant mon Muscadet. On peut toujours rêver…

 

« Français, françaises, montois, montoises, maraîchins, maraîchines, public chéri mon amour, bonjour ma colère, salut ma hargne et mon courroux, coucou… ». Lui qui avait dit avec son humour mordant et pince-sans-rire en évoquant le profil type du touriste : « … debout dans son caleçon coloré, les mains sur les hanches et tourné vers le large, il se demande ce qu’il fait là… », aurait certainement trouvé en ces lieux bien des sujets pour épancher son talent corrosif.

 

Non, je ne le croiserai pas sur son solex préféré, lors d’une de ses hypothétiques promenades à Saint-Jean-de-Monts. Hélas, vu qu’il est allé déposer sa hargne et ses courroux coucou auprès des anges depuis pas mal d’années. J’en connais qui doivent vraiment se gondoler là-haut. Égoïstes !

 

N’empêche, que si je l’avais rencontré Pierre Desproges, je lui aurais offert une tartine de rillettes de sardines. Celles qu’il adorait préparer à ses amis et dont il disait pourtant, avec son ironie habituelle : Avec ça, je fais un tabac. Je méprise un peu ce plat car je le trouve vulgaire mais c’est très bon et ça en jette.

  

Je lui dédie donc cette recette que je lui ai empruntée et je bois à sa santé. Vous me manquez Monsieur Desproges. J’aurais bien aimé vous croiser dans les rues de Saint-Jean-de-Monts ou de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et même si vous vous étiez gentiment moqué de mon allure de touriste, j’aurais bien ri et en aurais demandé encore et encore.

 

Étonnant, non ?

 

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